Kinéis, société installée au cœur de l’écosystème spatial toulousain, annonce une levée de fonds de 100 millions d’euros. Les fonds levés vont permettre à Kinéis de financer la mise en orbite basse de 25 nanosatellites et de devenir le premier opérateur européen d’une constellation de nanosatellites dédiée aux marchés de l’Internet des objets (IoT).

Créé en 2019, Kinéis est un opérateur satellitaire et un fournisseur de connectivité globale. Il hérite des quarante ans d’expertise du CNES et de CLS sur le système Argos pour développer une technologie donnant accès à des données satellitaires utiles. En vue de simplifier et de multiplier les usages des professionnels et des particuliers, Kinéis localise et connecte des objets où qu’ils se trouvent sur la planète. Pour sa première année d’existence, Kinéis réalise un chiffre d’affaires de près de 5 millions d’euros et emploie 25 salariés.

La start-up détenue majoritairement par CLS a réussi à constituer un tour de table équilibré autour d’investisseurs financiers menés par Bpifrance, via le fonds « Sociétés de projets industriels » (SPI), financé par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et la Banque Européenne d’Investissement, et de partenaires industriels français reconnus sur le secteur spatial. Les trois principaux actionnaires CLS, le CNES et Bpifrance accompagneront ainsi Kinéis aux côtés de BNP Paribas Développement, Thales, Hemeria, Celad ainsi que d’autres investisseurs minoritaires.

Kinéis proposera à ses clients une solution de connectivité globale afin d’accompagner le développement des objets connectés et de devenir un acteur majeur de l’IoT spatial. La constellation Kinéis bénéficie d’ores et déjà de l’historique d’Argos et se compose ainsi de 7 satellites opérationnels et d’un nanosatellite prototype, Angels, dont la mise en orbite a été réussie le 18 décembre dernier. Le premier nanosatellite Angels embarque la technologie Kinéis afin d’effectuer les derniers tests et réglages en conditions avant le lancement de la constellation en 2022 : 25 nanosatellites viendront ainsi compléter le service délivré par le système Argos depuis plus de 40 ans auprès des communautés scientifiques et environnementales.

Kinéis a déjà rempli son carnet de commandes et noué des partenariats commerciaux stratégiques forts avec notamment Bouygues Telecom, Suez, la Wize Alliance ou encore la société Arribada. Kinéis s’appuie sur des partenaires industriels expérimentés et reconnus dans l’industrie spatiale, dont Thales Alenia Space (co-architecte système, responsable du développement des charges utiles avec la société Syrlinks, des stations sols et du centre de mission) et Hemeria (responsable des plateformes satellites).

Alexandre Tisserant, qui devient à cette occasion président de Kinéis, déclare : « Nous sommes très fiers d’avoir franchi cette étape majeure. Avec les fonds nécessaires au lancement de notre constellation, nous avons maintenant l’esprit libre pour nous concentrer entièrement sur la fabrication des satellites et le déploiement commercial ».

« Avec Kinéis, le Newspace français devient une réalité. Avec Angels, première étape de cette aventure, le CNES prouve qu’il est possible de développer, de fabriquer et de lancer des satellites en deux ans et demi alors qu’auparavant il en fallait entre 5 et 10. Nous sommes très fiers que le CNES, au travers de Kinéis, favorise le développement et l’excellence de l’industrie spatiale française. Pour nous, Kinéis constitue un investissement stratégique », ajoute Jean-Yves Le Gall, président du CNES.

Kinéis représente une connectivité stratégique pour les activités de CLS, qui a créé la spin-off en 2019 et reste l’actionnaire de référence avec 32% du capital. « La finalisation de la levée de fonds est une grande étape pour notre projet. Kinéis porte avec ambition l’avenir du système Argos. Depuis plus de 40 ans, nous utilisons ce système pour accompagner scientifiques, ONG et gouvernements dans la compréhension de notre planète, sa protection et la gestion durable de nos ressources naturelles. Kinéis affiche déjà de bons résultats et nous sommes confiants dans son succès sur lequel s’appuiera une partie de notre croissance future », affirme Christophe Vassal, président du directoire de CLS et président du conseil de surveillance de Kinéis.

Parallèlement, CLS, société internationale, pionnière dans la fourniture de solutions d’observation et de surveillance de la Terre depuis 1986, voit son tour de table renouvelé. Ardian, un des leaders mondiaux de l’investissement privé, et l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), annoncent officiellement la cession de leur participation minoritaire à la CNP (Compagnie Nationale à Portefeuille), société d’investissement du Groupe Frère. CNP acquiert ainsi une participation de 66% au capital de CLS, aux côtés du CNES, fondateur du groupe qui en conserve une participation minoritaire significative (34%).

CLS emploie 720 salariés, au siège à Toulouse et sur ses 24 autres sites dans le monde. L’entreprise œuvre dans 5 secteurs d’activités stratégiques : la surveillance environnementale et le climat, la gestion durable des pêches, la gestion de flottes, les énergies, mines et infrastructures et la sécurité maritime. Le groupe CLS a réalisé un chiffre d’affaires de près de 135 millions en 2019 et prévoit de le porter à plus de 150 millions en 2020.