Renault taille dans son ingénierie pour mieux rivaliser avec la Chine…
Le constructeur automobile prévoit 800 départs volontaires dans son ingénierie en France d’ici fin 2027, soit près de 15% des effectifs. L’objectif est de simplifier l’organisation, accélérer le développement des véhicules et rester compétitif face à la montée en puissance des constructeurs chinois.
Renault Group engage une profonde transformation de son organisation d’ingénierie afin d’accélérer le développement de ses futurs véhicules et de renforcer sa compétitivité face aux constructeurs chinois. Après avoir annoncé en avril une réduction de 15 à 20% des effectifs d’ingénierie à l’échelle mondiale, le constructeur a précisé hier les modalités de ce plan pour la France.
Sur les 5500 salariés employés dans l’ingénierie en France, environ 800 quitteront l’entreprise d’ici fin 2027. Selon Renault Group, ces départs se feront exclusivement sur la base du volontariat, via des départs négociés ou des dispositifs de fin de carrière, sans licenciement contraint.

© Renault Group
Réduire le nombre de ses ingénieurs pour mieux concurrencer la Chine, voilà qui peut paraître contre-intuitif. Mais au-delà de la réduction des effectifs, Renault cherche surtout à revoir en profondeur son mode de fonctionnement. Face à la progression rapide des marques chinoises en Europe, dont la part de marché est passée de moins de 3% en 2024 à près de 9% fin mai 2026, le groupe estime nécessaire de simplifier ses processus de développement.
L’entreprise entend notamment réduire le nombre de sous-ensembles entrant dans la conception d’un véhicule, passant de 44 à 27 modules. Cette évolution doit limiter les fonctions de coordination, accélérer la prise de décision et raccourcir les cycles de développement. Le constructeur prévoit également de diminuer de 30% les documents techniques et administratifs associés aux projets et de réduire de 20% le volume des réunions.
« La solution la plus facile serait d’arrêter de développer nos technologies pour les acheter aux Chinois. Nous ne faisons pas ce choix là : nous voulons continuer à développer et maîtriser nos technologies. Mais il faut être compétitif », assène Philippe Brunet, directeur technique de Renault Group.
Cette transformation s’accompagnera d’un important effort de montée en compétences. Renault prévoit plus de 200 000 heures de formation sur la période 2026-2027. Si certains ingénieurs adapteront leurs connaissances à l’évolution des technologies, notamment dans le domaine des batteries, environ 500 salariés suivront des parcours de reconversion plus conséquents. En parallèle, le groupe recrutera entre 150 et 200 spécialistes externes afin d’acquérir rapidement certaines compétences jugées essentielles.
Les discussions avec les organisations syndicales ont été engagées fin juin. Renault espère parvenir à un accord dès cet été afin de lancer les premières mesures opérationnelles avant la fin de l’année. Le déploiement complet du plan s’étalera jusqu’à fin 2027.


