Les dépenses mondiales de recherche et développement des fabricants de semiconducteurs devraient augmenter de 4% en 2021 pour atteindre 71,4 milliards de dollars après avoir augmenté de 5% en 2020 pour atteindre le niveau record de 68,4 milliards de dollars, selon IC ​​Insights.

Pour le cabinet d’études américain, les dépenses totales de R&D dans l’industrie des semiconducteurs devraient augmenter d’un taux de croissance annuel moyen de 5,8% entre 2021 et 2025 pour atteindre 89,3 milliards de dollars à la fin de la période.

Lorsque le monde a été frappé par la crise sanitaire du Covid-19 en 2020, les fournisseurs de semiconducteurs ont gardé un œil précautionneux sur les augmentations de leurs dépenses de R&D, même si les revenus totaux de l’industrie des semiconducteurs ont augmenté de 8% l’an passé.

En pourcentage des ventes mondiales, les dépenses de R&D de l’industrie des semiconducteurs sont ainsi tombées à 14,2% en 2020, contre 14,6% en 2019, année où la baisse de 1% des dépenses de recherche et développement avait diminué moins vite que les revenus totaux des semiconducteurs (-12%).

En 2020, Intel a continué de dominer tous les autres fournisseurs de semiconducteurs en termes de dépenses de R&D, représentant à lui-seul environ 19% du total de l’industrie. Cependant, des réductions de coûts, l’élimination de certaines catégories de produits et une volonté d’optimiser ses investissements ont entraîné une baisse de 4% des dépenses de R&D d’Intel en 2020 à environ 12,9 milliards de dollars, après le recul de 1% de ses dépenses en 2019, année où sa part était de 22% du total de l’industrie. Les baisses de 2019-2020 des dépenses de R&D d’Intel ont été les premières baisses annuelles consécutives pour l’entreprise depuis 2008 et 2009. La baisse de 4% en 2020 a été la plus forte baisse de R&D d’Intel depuis le milieu des années 1990.

Samsung, classé deuxième, a augmenté ses dépenses de R&D de 19% en 2020 à 5,6 milliards de dollars en partie parce que le géant sud-coréen des mémoires a accéléré le développement de processus logiques de pointe (5 nm et moins) pour concurrencer TSMC dans le secteur de la fonderie ; Pour sa part, le premier fondeur mondial a augmenté ses dépenses en recherche et développement de 24% à près de 3,7 milliards de dollars l’an dernier.

IC Insights estime que les 10 principaux investisseurs en R&D (Intel, Samsung, Broadcom, Qualcomm, Nvidia, TSMC, MediaTek, Micron, SK Hynix et AMD) ont collectivement augmenté leurs dépenses de R&D de 11% en 2020, à 43,5 milliards de dollars, soit 64% du total de l’industrie.

Nvidia (qui gagne une place pour grimper au 5e rang du classement des dépenses de R&D), MediaTek (au 7e rang avec un gain de deux places par rapport à 2019) et Advanced Micro Devices (à la 10e place contre la 11e en 2019) ont grimpé dans le top 10 de la R&D en 2020. Le ratio d’investissement en R&D des 10 premiers du classement a été de 14,5% en 2020 contre 15,0% en 2019, indique le rapport d’IC Insights.

Depuis la fin des années 1970, les dépenses en R&D en semiconducteurs n’ont reculé que quatre fois : -1% en 2019 lors d’un ralentissement économique ; -10% en 2009 après la récession mondiale provoquée par la crise financière de 2008 ; -1% en 2002 et -10% en 2001 suite à l’explosion de la bulle Internet au tournant du siècle. Au lendemain de la récession mondiale de 2008-2009, les dépenses de R&D se sont fortement redressées en 2010 et 2011, mais elles ont ensuite ralenti pendant le reste de la dernière décennie pour diverses raisons, notamment l’incertitude persistante sur l’économie mondiale et une vague historique de fusions-acquisitions dans l’industrie des puces, analyse IC Insights.

Depuis l’an 2000, les dépenses totales de R&D en pourcentage des ventes mondiales de semiconducteurs ont dépassé la moyenne historique de 14,6% des quatre dernières décennies sauf sur cinq années (2000, 2010, 2017, 2018 et 2020). Au cours de ces cinq années, la baisse des ratios de R&D/ventes était davantage liée à la vigueur de la croissance totale des revenus qu’à la faiblesse des dépenses de recherche et développement des fournisseurs de semiconducteurs, analyse le cabinet d’études.