Safran met 2,2 milliards d’euros sur la table pour s’emparer d’Exail
En négociations exclusives avec la famille Gorgé, Safran cherche à acquérir le spécialiste français des drones maritimes et de la navigation inertielle, valorisé à plus de 2,2 milliards d’euros.
Le 26 juin, Safran et Exail Technologies ont confirmé simultanément être entrés en négociations exclusives en vue d’une éventuelle acquisition du second par le premier, au prix de 128,5 euros par action, alors que Bloomberg avait vendu la mèche un peu plus tôt dans la journée. L’opération prendrait la forme d’un rachat du bloc de contrôle détenu par la famille Gorgé (soit 43,9% du capital), suivi d’une offre publique obligatoire adressée aux actionnaires minoritaires au même prix. Cette transaction valoriserait Exail à un peu plus de 2,2 milliards d’euros. Deux leurs communiques respectifs, quasiment identiques, les deux sociétés prennent soin de préciser qu’« il n’existe aucune certitude que ces discussions aboutissent à un accord ou à la réalisation de l’opération envisagée ».

© Exail Technologies – Balao
Fondée en 1990 par Jean-Pierre Gorgé sous le nom de Finuchem, l’entreprise a progressivement pivoté vers la défense à la fin des années 2000, sous l’impulsion de Raphaël Gorgé, fils du fondateur. Elle a pris son nom actuel en 2022, après le rapprochement d’ECA Group et d’iXblue. Exail Technologies regroupe aujourd’hui 2200 collaborateurs dans le monde et a réalisé un chiffre d’affaires de 479 millions d’euros en 2025, en hausse de 28% par rapport à 2024. Bénéficiant d’un contexte de réarmement accéléré en Europe, les prises de commandes de l’ETI ont bondi de 87% sur la même période pour atteindre un niveau record de 844 M€, portant le carnet de commandes à plus d’un milliard d’euros fin 2025.
L’entreprise est organisée autour de trois expertises complémentaires. La première est la navigation inertielle et le positionnement sous-marin, avec une gamme allant des unités de mesure inertielles (IMU) aux systèmes de navigation complets (INS), équipant navires, sous-marins, drones, véhicules terrestres et satellites. La deuxième est la lutte contre les mines sous-marines, grâce à un système intégré de drones sous-marins, de surface et aériens capables de détecter, classifier et neutraliser les mines en maintenant les équipages et les navires hors de danger. La troisième est le développement de systèmes de drones maritimes autonomes pour des applications civiles (hydrographie, inspection d’infrastructures, énergies offshore) et militaires, notamment la surveillance maritime et le soutien aux opérations navales.
Pour Safran, déjà leader dans la navigation inertielle pour l’aéronautique et la défense terrestre, l’acquisition d’Exail représenterait une extension naturelle vers le domaine maritime et sous-marin, deux segments en forte croissance dans le contexte géopolitique actuel. La complémentarité des portefeuilles technologiques (navigation, autonomie, photonique) et la solidité du carnet de commandes font d’Exail une cible de premier plan dans le paysage industriel de défense européen. Exail est cotée à la Bourse de Paris depuis 1998.


