La France et le Royaume-Uni ont marqué le dixième anniversaire des traités de Lancaster House en signant un contrat conjoint portant sur le lancement de la Phase 2 (production) du programme MMCM (système de lutte anti-mines sous-marine), soit huit systèmes autonomes de déminage (quatre pour la France et quatre pour le Royaume-Uni) que fournira Thales.

La Phase 1 lancée en 2015 concernait la démonstration et la qualification de la technologie. Avec ses principaux partenaires (ECA Group, L3Harris et Saab), Thales assurera la livraison des systèmes aux deux forces navales à partir de 2022.

Avec 50 ans d’expertise au service des marines du monde entier, Thales développe des technologies qui assurent la transition entre les solutions conventionnelles telles que les chasseurs de mines, et celles qui s’appuient désormais sur les drones. Première étape du renouvellement du concept opérationnel de lutte contre les mines en France et au Royaume-Uni, le programme MMCM vise à remplacer les chasseurs de mines traditionnels par des drones. Il s’agit d’un véritable saut capacitaire, en termes de performances et de productivité, qui conforte le positionnement de la Marine nationale française et de la Royal Navy en tant que leaders mondiaux de la guerre des mines et des drones navals, souligne Thales.

Les sous-systèmes développés pour le programme par Thales et ses partenaires incluent des drones de surface (USV) pour transporter et connecter les solutions, et un sonar de toute dernière génération (SAMDIS) offrant une capacité multi-vues en une seule passe (Single Path Multi View) pour la détection et la classification des menaces. Le sonar SAMDIS peut s’intégrer dans des drones sous-marins autonomes ou un sonar remorqué à ouverture synthétique (TSAM) piloté depuis le drone. Le drone peut aussi être équipé d’un robot télé-opéré (ROV) pour neutraliser les menaces. L’ensemble du système est supervisé à distance depuis un centre opérationnel mobile, capable de piloter simultanément jusqu’à trois systèmes en mer.

MMCM est un système éprouvé, le seul à offrir des technologies de pointe, comme la capacité d’autonomie, qui améliorent la performance et la productivité. En combinant une expérience utilisateur basée sur l’échange en temps réel de big data, et une intelligence artificielle augmentée fiable, il donne une plus grande confiance pour la validation des opérations. Grâce à leur architecture ouverte, ces nouvelles technologies s’intègrent dans le système global et peuvent s’enrichir de nouvelles capacités opérationnelles de façon planifiée tout au long de la vie du système.

Après le succès de la première configuration du système complet, effectuée dans des conditions opérationnelles réelles, Thales s’est engagé à livrer les premiers systèmes opérationnels d’ici 2022 aux forces navales françaises et britanniques. Ce programme conforte l’expertise exceptionnelle de Thales et sa position de leader mondial dans le domaine de la lutte conventionnelle contre les mines, avec plus de 300 systèmes équipant plus de la moitié des navires anti-mines du monde.

« Thales est extrêmement reconnaissant à la France et au Royaume-Uni d’avoir confié aux équipes Thales françaises et britanniques une transition technologique d’une telle importance. Lors des essais en mer, les systèmes MMCM et leurs équipements ont couvert à ce jour l’équivalent de 30 000 terrains de football, parfois par une mer extrêmement agitée. Pour les forces navales, c’est indéniablement un changement radical en termes de moyens dont elles disposeront pour lutter à l’avenir contre des menaces telles que les mines et les engins explosifs improvisés », souligne Alexis Morel, vice-président des activités sous-marines de Thales.

Avec 83 000 collaborateurs dans 68 pays, Thales a réalisé un chiffre d’affaires de 19 milliards d’euros en 2019 (sur une base intégrant Gemalto sur 12 mois).