Après une phase intense de rachats, Cicor rationalise ses activités
Après une série d’acquisitions en 2025, le sous-traitant suisse lance un plan de rationalisation pour viser plus de 10 millions de francs suisses d’économie par an. Le groupe cède son site tunisien, réorganise plusieurs activités et supprime environ 220 postes, tout en confirmant ses objectifs financiers pour 2026.
Avec le rachat d’une usine suisse de l’Américain Mercury Systems et des usines américaine et marocaine de son compatriote Valtronic, et avec les acquisitions de l’Espagnol Mades et des entités françaises et marocaines d’Eolane France (à l’exception du site de Valence, aujourd’hui propriété de Selha Group), l’année 2025 aura été particulièrement prolifique pour le sous-traitant suisse Cicor en termes de croissance externe. On peut également y ajouter les rachats du Suédois Nordic Engineering Partner et de l’Allemand Profectus, annoncés en toute fin d’année 2024.
Mais quasiment systématiquement après une phase intense de rachats et d’intégration des sociétés acquises, vient une phase de rationalisation des activités. À ce titre, Cicor ne déroge pas à la règle puisqu’il vient de détailler ce jour, par voie de communiqué, « un programme d’amélioration de la rentabilité soutenant l’intégration de ses acquisitions de 2025 ». Le groupe s’est fixé comme objectif « une amélioration annuelle récurrente de son Ebitda de plus de 10 millions de francs suisses », soit l’équivalent de 10,9 millions d’euros.
Alors que Cicor précise que « l’intégration des sociétés acquises en 2025 progresse comme prévu », son programme d’économie comprend, pêle-mêle, la cession de son site tunisien, la montée en puissance de ses unités de production, des transferts sur plusieurs sites, ainsi que des mesures d’optimisation opérationnelle à l’échelle du groupe.

© Cicor
Une part importante du programme de rationalisation prend place au Maghreb. Dans le détail, le sous-traitant suisse cède son site de production tunisien, employant environ 90 personnes, à un acquéreur qui n’a pas été précisé, pour un montant de 1,3 M€, majoré des ajustements habituels. D’ores et déjà signée, la transaction devrait être finalisée ce mois-ci. Cicor estime que cette transaction aura un impact négatif ponctuel sur son résultat net de 300 000 francs suisses (325 k€), coûts de transaction inclus, et qu’elle n’aura aucun impact sur son chiffre d’affaires, les relations clients restant sous la responsabilité de Cicor.
Les activités de production du sous-traitant en Afrique du Nord seront donc concentrées sur ses sites marocains de Berrechid et de Temara. À noter que les anciennes activités marocaines d’Éolane et de Valtronic à Berrechid seront regroupées sur leur site actuel, ce qui avait préalablement été annoncé.
220 postes supprimés, soit 5% de l’effectif global de Cicor
Les mesures d’intégration et d’efficacité supplémentaires mises en œuvre concernent notamment le transfert des activités de l’usine de Genève, acquise auprès de Mercury Systems, vers les sites de Newport (Royaume-Uni) et de Bronschhofen (Suisse), ainsi que le transfert des activités d’outillage pour le moulage par injection plastique de Singapour à Batam, en Indonésie.
Pour ce qui est de son unité de production de substrats en couches minces à Wangs (Suisse), Cicor met en œuvre un programme d’augmentation de sa capacité et de sa productivité afin de répondre à une demande en forte croissance, notamment sur les marchés de l’aérospatiale et de la défense, qui ont le vent en poupe.
L’entreprise précise par ailleurs que les structures de gestion redondantes en Suisse, en Allemagne et en France ont déjà été rationalisées. Dans le Land de Thuringe, en Allemagne, l’organisation de la gestion a également été rationalisée, tout en maintenant les sites de production existants.
L’ensemble de ces mesures, cession du site tunisien comprise, entraînera la suppression d’environ 220 postes, soit 5% des effectifs totaux de Cicor.
Le programme d’amélioration de la rentabilité devrait engendrer des coûts de mise en œuvre ponctuels de l’ordre de 5 millions de francs suisses (5,5 M€) en 2026, dont la majeure partie sera comptabilisée au premier semestre sous forme d’ajustements. Parallèlement, Cicor compte sur ces mesures pour générer des améliorations annuelles récurrentes de son Ebitda supérieures à 10 millions de francs suisses (10,9 M€), dont une part significative sera déjà réalisée au second semestre 2026.
« Les effets positifs de notre croissance organique étant principalement attendus au second semestre 2026 et les coûts liés aux transferts de production et à la montée en puissance des capacités étant en grande partie comptabilisés au premier semestre, Cicor anticipe une marge d’Ebitda ajustée de l’ordre de 5% sur les six premiers mois de 2026 et une marge à deux chiffres pour le second semestre », précise Cicor.
Globalement, Cicor confirme donc ses prévisions financières pour l’ensemble de l’année 2026, tablant sur un chiffre d’affaires compris entre 700 et 750 millions de francs suisses (entre 760 et 815 M€) et un Ebita ajusté de 70 à 80 millions de francs suisses (76 à 87 M€). Cela, si la situation géopolitique, les fluctuations des taux de change et la pénurie croissante de composants ne viennent pas contrecarrer la réalisation de ces objectifs.


