Le baromètre EY 2020 du capital risque confirme l’accélération de la French Tech qui devient, grâce au Brexit, le 1er écosystème de l’Union Européenne en termes de levées de fonds en passant pour la première fois devant l’Allemagne.

Malgré un contexte sanitaire et économique très troublé, les start-up françaises ont poursuivi leur croissance en 2020, réalisant 620 levées de fonds pour un montant total de 5,4 milliards d’euros (une progression de 7% en valeur malgré une baisse de 16% en volume). Ce montant, encore jamais atteint, est l’illustration de la maturité et de l’attractivité de l’écosystème tech français qui a su faire face à la crise avec résilience et permis de faire émerger 4 nouvelles licornes.

Ces bons résultats s’expliquent principalement par une explosion des tours de financement supérieurs à 50 M€ qui passent en valeur de 1,3 à 2,4 milliards d’euros (+88 %), impactant fortement la valeur du tour moyen. De fait, ce dernier a bondi de 6,9 M€, à 8,7 M€ sur la période.

Sur le plan sectoriel, les sociétés de logiciels et de services Internet continuent de concentrer plus de 50% des fonds levés en valeur (avec 1,42 Md€ et 1,40 Md€ contre respectivement 1,54 Md€ et 1,10 Md€ l’an passé).

Quant au secteur des sciences de la vie, il croît au rythme du reste de la FrenchTech à hauteur de 5% (851 M€ contre 811 M€). Enfin la Fintech confirme son statut d’étoile montante avec une croissance de 57% (622 M€ contre 397 M€ en 2019).

L’Île-de-France reste incontestablement la région leader de cet écosystème. Les start-up franciliennes ont, en effet, à elles seules attiré 75% des montants levés et 57% des opérations en 2020. Bien que distancée, la région Auvergne-Rhône-Alpes conserve sa 2e place avec 8% des investissements en valeur (13% en nombre), suivie par la région Hauts-de-France qui décroche la 3e place avec 4% des investissements en valeur et en nombre.

Sur le plan européen, le Royaume-Uni reste le leader incontesté en Europe avec plus de 12,7 milliards d’euros, soit une progression de plus de 11% en valeur et en volume. La France arrive en 2e position, mais reste talonnée par l’Allemagne avec 5,2 milliards d’euros de fonds levés.

Ainsi entre 2019 et 2020, la croissance des levées de fonds a fait un bond de 7% en France alors qu’elle s’est repliée de 14% en Allemagne. Les chiffres pour les levées de fonds d’un montant de plus de 50 millions d’euros sont encore plus porteurs d’espoir quant à la capacité de la French Tech de continuer son ascension européenne : là où le Royaume-Uni enregistre une hausse de 10% et l’Allemagne une baisse de 28%, la France réalise une progression inédite de 89%.

« Pour la première fois, la France passe devant l’Allemagne et devient, en raison du Brexit, le 1er écosystème tech de l’Union Européenne. Ces bons résultats illustrent à la fois la vitalité des start-up françaises et l’impact positif de la politique du gouvernement en faveur de la French Tech. Depuis 2017, nous avons introduit une série de mesures unanimement saluées par les entrepreneurs telles que le lancement du French Tech Visa pour simplifier le recrutement de talents étrangers, la mobilisation de 6 milliards d’euros de fonds privés via l’initiative Tibi, la réforme des BSPCE ou encore la création des programmes d’accompagnement French Tech Next40/120 », souligne Cédric O.

Le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques pointe que la France a été le premier pays européen à présenter un plan d’urgence de 4 milliards d’euros à destination des startups. En juin dernier, il a été complété avec un plan d’aide de 1,2 milliard et ce sont plus de 7 milliards d’euros qui seront investis dans le secteur du numérique via France Relance porté par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance, affirme Cédric O.