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Puces quantiques : les États-Unis passent aussi à l’offensive

Puces quantiques : les États-Unis passent aussi à l’offensive

Le programme américain CHIPS finance simultanément IBM et GlobalFoundries pour bâtir sur le sol américain les premières usines de puces quantiques, avec près de 1,4 milliard de dollars mobilisés rien que pour ces deux entreprises.

La semaine dernière a été marquée par deux annonces importantes de part et d’autre de l’Atlantique dans le domaine de l’informatique quantique, annonces faites par Emmanuel Macron d’un côté et l’administration Trump de l’autre. Le président de la République a en effet confirmé un investissement supplémentaire d’un milliard d’euros pour le Plan Quantique, financé dans le cadre de France 2030, tandis que le Département du Commerce (DoC) américain a annoncé une aide de deux milliards de dollars, sous forme de subventions et/ou de prises de participation, promise à neuf entreprises américaines du secteur.

Principaux bénéficiaires de cette aide américaine, IBM et GlobalFoundries ont confirmé avoir signé, chacun de leur côté, des accords d’envergure avec le DoC, dans le cadre du programme CHIPS, pour financer la construction des premières infrastructures américaines de fabrication de puces quantiques à grande échelle.

IBM crée Anderon, première fonderie quantique aux États-Unis
Plus précisément, IBM a signé une lettre d’intention avec le gouvernement américain pour la création d’Anderon, nouvelle filiale indépendante de groupe basée à Albany, dans l’État de New York, qui exploitera une fonderie de pointe de wafers quantiques de 300 mm. Le financement repose sur un milliard de dollars d’incitations du programme CHIPS apporté par le DoC, auquel IBM va ajouter un milliard de dollars en numéraire, complétés par d’importants apports en propriété intellectuelle, actifs et personnels. D’autres investisseurs pourraient rejoindre Anderon au fil de sa croissance.

© IBM

Dans un premier temps, Anderon assurera la fabrication de wafers pour qubits supraconducteurs, avec l’ambition d’étendre ses activités à d’autres technologies quantiques. L’entreprise entend se positionner comme un pilier ouvert à l’ensemble de l’écosystème puisqu’elle envisage de rendre ses services accessibles à de multiples fournisseurs de technologies quantiques à travers le monde. « IBM est pionnière dans le domaine de l’informatique quantique depuis des décennies. Notre expertise dans la fabrication de tranches de silicium a été un facteur clé de notre succès et sera essentielle pour permettre le développement d’un écosystème quantique plus vaste, qui transformera l’innovation mondiale et la compétitivité économique », assure Arvind Krishna, Pdg d’IBM.

IBM revendique une base solide pour mener à bien ce projet, affirmant avoir déjà déployé plus de 90 systèmes quantiques à travers le monde, soit « davantage que tous ses concurrents réunis », et s’est fixé pour objectif de livrer d’ici 2029 le premier ordinateur quantique à grande échelle et tolérant aux pannes destiné à des clients commerciaux.

GlobalFoundries lance Quantum Technology Solutions
De son côté, GlobalFoundries a annoncé la création de Quantum Technology Solutions, nouvelle division dédiée à la montée en puissance industrielle des technologies quantiques. Le DoC lui accordera une subvention de 375 millions de dollars dans ce cadre et prendra par ailleurs une participation d’environ 1% au capital du groupe.

S’appuyant sur plus de dix ans de partenariats gouvernementaux et sur ses capacités éprouvées en Cmos cryogénique, packaging avancé et science des matériaux, GF entend couvrir l’intégralité de la chaîne matérielle quantique : des unités de traitement quantique (QPU) aux circuits intégrés cryogéniques de contrôle, en passant par les interconnexions supraconductrices. « Le quantique est à un tournant décisif. Le matériel passe de l’échelle du laboratoire à l’échelle industrielle, et cette transition ne peut se faire que dans un environnement de fabrication de semi-conducteurs de pointe », souligne Gregg Bartlett, directeur technique de GF.

« Ces investissements dans les technologies quantiques s’appuieront sur notre industrie nationale, créant des milliers d’emplois américains bien rémunérés tout en développant les capacités quantiques des États-Unis », s’est félicité Howard Lutnick, secrétaire au Commerce.

Précisons ici que Nvidia, géant américain des puces pour l’IA, très offensif dans le domaine du quantique, lorgne aussi du côté du quantique français, avec son investissement récent dans la start-up française Alice & Bob, via son fonds de capital-risque Nventures. Rappelons qu’Alice & Bob exploite une technologie dite de « cat qubits » qui pourrait réduire de plusieurs ordres de grandeur le nombre de qubits nécessaires à un ordinateur quantique utile.

De manière général, l’écosystème français du quantique est particulièrement actif avec, notamment, cinq start-up très prometteuses que sont Alice & Bob (qubits de chat intégrant la correction d’erreur), C12 (qubits à base de nanotubes de carbone), Pasqal (atomes neutres pour créer des processeurs quantiques analogiques), Quandela (photonique quantique) et Quobly (qubits de spin à base de silicium).

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