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Rétrospective 2025 : l’année vue sous l’angle de la conjoncture

Rétrospective 2025 : l’année vue sous l’angle de la conjoncture

Sur la lancée de 2024, l’année 2025 a été marquée par une forte croissance du marché mondial des semiconducteurs, l’effet IA profitant toujours aux fournisseurs de semiconducteurs fortement impliqués dans ce domaine. Au niveau européen, même si l’embellie n’est pas aussi prononcée, des signes de reprise ont commencé à poindre dès le printemps et se sont confirmés au fil des mois. La distribution européenne de composants a également montré des signes encourageants en fin d’année, même s’ils s’avèrent fragiles compte tenu d’une industrie électronique européenne qui reste exposée aux tensions géopolitiques et aux chocs des chaînes d’approvisionnement.

Après les fusions/acquisitions, ce deuxième épisode de notre rétrospective 2025 est placé sous l’angle de la conjoncture.

Après la morosité de 2022 (+3,2%), annonciatrice d’une année 2023 en retrait (-8,2%), puis le net rebond de 2024 (+19,7%), le marché mondial des semiconducteurs a enchaîné une seconde année consécutive de forte hausse en 2025, avec une seconde partie d’année qui vu le secteur progresser bien plus vite que prévu par les analystes. Dans ses dernières prévisions, le WSTS évoque ainsi une croissance de l’ordre de 22,5% pour le marché mondial des semiconducteurs en 2025, alors que la société d’analyse tablait sur une croissance annuelle deux fois inférieure lors de ses prévisions précédentes, datées de juin 2025.

Comme en 2024, cette forte progression a essentiellement été portée par l’IA qui est restée, et de loin, le principal moteur de croissance pour le marché mondial des semiconducteurs et a alimenté les très bons résultats financiers des fournisseurs de semiconducteurs fortement impliqués dans ce domaine, à l’image de l’Américain Nvidia, qui maintient son rythme de croissance spectaculaire, et de ses compatriotes AMD et Micron, mais aussi de TSMC. Le groupe taïwanais a d’ailleurs étendu encore un peu plus son emprise sur le créneau des fondeurs de semiconducteurs en 2025 (il a dépassé la barre des 70% de part de marchés) grâce à ses procédés de gravure avancés (moins de 7 nm et désormais 2 nm) qui siéent particulièrement aux applications de calcul haute performance et d’IA.

Il est intéressant de noter qu’en 2023 et 2024, le marché européen des semiconducteurs a évolué en opposition de phase par rapport au marché mondial : en 2023, les spécificités de l’Europe, davantage axée sur l’industriel, l’aéronautique, la défense et l’automobile que sur les débouchés grand public, avaient permis au vieux continent d’être la seule région du monde à connaître une croissance de son marché des semiconducteurs, alors que l’IA n’avait pas encore l’impact que l’on connaît aujourd’hui. En 2024, ce sont justement ces mêmes spécificités qui ont conduit au scénario inverse, avec une Europe devenue alors la seule région du monde en baisse, car frappée de plein fouet par la crise automobile, alors que les Etats-Unis et l’Asie profitaient pleinement de l’essor spectaculaire de l’IA.

En 2025, l’Europe s’est davantage mise au diapason du monde. Certes, moins en pointe dans le domaine de l’IA, le marché européen des semiconducteurs n’a pas profité d’une dynamique aussi forte qu’à l’échelle mondiale, loin s’en faut. Il n’empêche : en novembre 2025, l’Europe a enregistré un huitième mois consécutif de hausse sur un an, à +11%, après les progressions de 0,1% en avril, 4,1% en mai, 5,3% en juin, 5,7% en juillet, 4,4% en août, 6% en septembre et 8,3% en octobre. Si bien que le WSTS table sur une croissance de 5,6% pour le marché européen des semiconducteurs en 2025 (voir tableau ci-dessous). L’Europe profite notamment d’un secteur de la défense en pleine effervescence et d’un secteur automobile qui s’est stabilisé, même si l’affaire Nexperia n’a pas aidé.

Des signes de reprise sont donc bel et bien présents au niveau européen, de l’aveu même des ténors européens des semiconducteurs que sont Infineon, NXP et STMicroelectronics, même si leurs résultats financiers restent mitigés, en particulier pour le groupe franco-italien qui poursuit la mise en place de son plan d’économie et de réorganisation de empreinte industrielle.

© WSTS / ESIA

En 2025, le marché français des semiconducteurs n’a pas franchement profité de cette légère reprise. Sur les trois premiers trimestres de l’année, Acsiel Alliance Électronique, l’organisation professionnelle qui représente les fabricants de composants et systèmes pour l’industrie électronique en France, constate que le marché est en recul de 10%, fortement impacté par la contraction du secteur industriel. L’essoufflement du secteur automobile reste d’actualité, bien que les ventes soient stables sur les neuf premiers mois. A l’inverse, la défense et l’aéronautique se portent bien.

Dans ce marché français qui reste fort morose, Acsiel estime toutefois que, d’une façon générale, le retour à la normale des niveaux d’inventaires dans pratiquement tous les secteurs applicatifs des semiconducteurs pose les bases d’une stabilisation du marché avec un redémarrage très progressif.

Du côté de la distribution européenne, des signes positifs sont également perceptibles : après huit trimestres consécutifs de baisse (en variation annuelle), le marché européen de la distribution de composants électroniques a enfin affiché un retour à la hausse au troisième trimestre 2025, selon Dmass Europe, même si celle-ci s’avère modeste (+4,1% sur un an). Si cette évolution constitue un signal positif de reprise, elle doit cependant être replacée dans le contexte des tensions géopolitiques persistantes et de la dépendance continue du continent vis-à-vis de sources extérieures pour les technologies et les matériaux clés.

« Cette tendance prometteuse repose sur des fondements fragiles car l’industrie électronique européenne reste dangereusement exposée aux tensions géopolitiques et aux chocs des chaînes d’approvisionnement entre les États-Unis et la Chine, prévient Dmass Europe. Cette dépendance expose l’Europe à la volatilité et souligne la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales, qui restent vulnérables aux perturbations politiques, économiques et logistiques. »

 

 

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