Sélectionner une page

2021 s’efface devant 2022, pas la pandémie, ni la pénurie et les espoirs de localisation

2021 s’efface devant 2022, pas la pandémie, ni la pénurie et les espoirs de localisation

Contents de vous retrouver après cette pause hivernale et de vous présenter nos meilleurs vœux pour la réalisation de vos projets tant personnels que professionnels. Pour ce numéro de rentrée, nous vous proposons une rétrospective des principaux évènements survenus au cours de l’année 2021, afin de prendre le recul nécessaire pour préparer au mieux l’année 2022 qui démarre. A plus d’un titre, l’année 2021 porte les tendances qui baliseront l’actualité de l’année 2022.

Pour les acheteurs, l’année 2021 restera celle de la pénurie de composants, non seulement pour les semiconducteurs mais également en composants passifs. Après le choc de la pandémie dans la première moitié de 2020, la reprise d’activité a été brutale dans l’industrie automobile, gagnant les autres marchés applicatifs (PC, smartphones) et désorganisant la chaîne d’approvisionnement en semiconducteurs. Des millions de véhicules n’ont ainsi pas pu être fabriqués en 2021 faute de composants. Une tempête au Texas mettant à l’arrêt des usines de Samsung, NXP et Infineon et un incendie dans une usine de Renesas au Japon ont de plus exacerbé les difficultés d’approvisionnement dans la première moitié de l’année. L’augmentation des capacités de production des fondeurs en technologies matures n’a pas suffi à répondre à la demande et la résurgence de la pandémie en Asie dans la seconde moitié de l’année a désorganisé les productions dans des pays comme la Malaisie pour les usines de passifs et d’assemblage et de test de semiconducteurs. Les difficultés d’approvisionnement persistent en ce début d’année et aucune détente sur les délais et sur les prix n’est à espérer au cours de la première moitié de 2022. De nombreux prévisionnistes estiment même que la pénurie pourrait se poursuivre en 2023. Nul doute que la conjoncture restera l’enjeu majeur de 2022.

Dans ce contexte, l’industrie automobile compte même prendre les devants et développer ses propres puces à l’instar de Stellantis qui s’est allié au Taïwanais Foxconn pour concevoir et produire à terme 80% de ses besoins en microcontrôleurs. Premier sous-traitant mondial, Foxconn compte d’ailleurs se rendre aussi indispensable pour la production de véhicules électriques qu’il l’est pour la fabrication des smartphones, en multipliant les accords autour de sa plateforme ouverte de VE.

Côté entreprises, Intel aura attiré la lumière tout au long de l’année depuis la prise de fonction de son nouveau p-dg en janvier, même si le fabricant américain aura perdu plus tard dans l’année son rang de premier fournisseur mondial de semiconducteurs au profit de Samsung. Intel aura défrayé la chronique toute l’année par sa stratégie agressive d’investissement et ses ambitions dans les services de fonderies. L’Américain, qui pourrait investir 80 milliards de dollars dans la décennie en Europe, devrait officialiser rapidement sa décision de construire une fab en Allemagne. Aux dernières rumeurs, un centre de R&D pourrait également être implanté en France. TSMC, de son côté, qui va investir 100 milliards de dollars en trois ans, a déjà abattu ses cartes pour une fab au Japon et pourrait également associer l’Allemagne à sa feuille de route.

On a ainsi assisté en 2021 à un retour en grâce de la politique industrielle. Aux Etats-Unis, le président Biden s’est engagé dans un plan d’une cinquantaine de milliards de dollars en faveur de l’industrie américaine des semiconducteurs. De son côté, la Commission européenne, qui veut à terme sanctuariser 20% de la production mondiale de puces sur le Vieux Continent, doit dévoiler en début d’année son « European Chips Act ». En France, que ce soit au travers du plan de relance, des programmes de (re) localisation, ou du plan France 2030, de nombreuses entreprises d’électronique ont été aidées durant la crise sanitaire qui perdure et seront soutenues encore cette année pour préparer l’avenir.

Côté fusions-acquisitions, 2021 aura été marquée par la finalisation du rachat de Maxim par Analog Devices et celle du rachat de Dialog Semiconductor par Renesas. L’acquisition des activités d’Intel dans les mémoires flash par SK Hynix a été bouclée en toute fin d’année avec la création de Solidigm (nous y reviendrons cette semaine). En revanche, celle du Britannique ARM par l’Américain Nvidia semble de plus en plus compromise par les enquêtes ouvertes par la Grande-Bretagne, l’Europe et les Etats-Unis, tandis qu’AMD vient d’annoncer que le rachat de Xilinx prendra plus de temps que prévu.

Enfin, côté technologie, on retiendra la montée en puissance du carbure du silicium, chaque grand acteur fourbissant ses armes dans cette filière dont l’accès à la sécurisation des approvisionnements en matériaux sera déterminante. En témoignent les décisions stratégiques d’investissements et les accords des ténors du secteur : Cree devenu Wolfspeed, STMicroelectronics, Infineon, Rohm, Onsemi ou encore Soitec côté tranches de SiC.

L’année 2022 s’annonce ainsi passionnante. Dès demain, nous reprendrons notre cours habituel et vous proposerons nos développements concernant les principales informations des 15 derniers jours, agrémentés des innovations technologiques les plus récentes.

Bonne rentrée et bonne année à tous

Pascal Coutance, Frédéric Fassot

DECEMBRE

NOVEMBRE

OCTOBRE

SEPTEMBRE

AOUT

JUILLET

JUIN

MAI

AVRIL

MARS

FEVRIER

JANVIER

 

ALLEZ A L'ESSENTIEL !

Recevez notre newsletter par email  

   JE M'INSCRIS A LA NEWSLETTER  

You have Successfully Subscribed!

Pin It on Pinterest

Share This